Les enfants devraient pratiquer plus d’un sport

Santé

Selon la recommandation des pédiatres et spécialistes médicaux sportifs, les enfant doivent pratiquer non pas un, mais plusieurs sports

Si vous voulez la preuve que les enfants athlètes souffrent davantage de blessures, vous n’avez pas besoin de regarder plus loin que les nombreux centres médicaux sportifs répartis dans toute la France.
Ces établissements ont pour but premier de traiter les enfants, les adolescents et les jeunes adultes qui ont été blessés en faisant du sport.

Ces centres reçoivent environ 600 jeunes patients par mois pour la physiothérapie, la chirurgie et d’autres traitements. De nombreux spécialistes au sein de ces centres estiment que 60 % de ces patients viennent à l’hôpital en raison de blessures qu’ils ont subies en se concentrant sur un seul sport toute l’année.

« L’utilisation à répétition de ces mêmes muscles et articulations à un jeune âge peut entraîner des défaillances », a expliqué un médecin du sport.

Les blessures physiques

Le cas de la France n’est pas un exemple isolé. Ça fait partie d’une tendance. En effet, l’American Academy of Pediatrics (AAP) a publié un rapport selon lequel les enfants aux États-Unis courent un plus grand risque de « blessures de sur-utilisation » en se spécialisant dans un sport unique. Le rapport note qu’environ 60 millions d’enfants âgés de 6 à 18 ans pratiquent des sports organisés chaque année aux États-Unis. De ces jeunes athlètes, 27 % ne pratiquent qu’un seul sport.

Une étude réalisée en France a révélé que certains enfants commencent à se concentrer sur un sport dès l’âge de 7 ans et qu’ils jouent toute l’année au sein de plusieurs équipes ainsi que dans des équipes itinérantes. Les responsables des centres médicaux de sport estiment qu’environ 70 % des enfants abandonnent les sports organisés avant l’âge de 13 ans.

Selon un rapport récent, les blessures les plus courantes sont les genoux, les coudes et les épaules. Le dit rapport révèle que les joueurs de football, en particulier les filles, sont sujets à l’inflammation et même aux déchirures du ligament croisé antérieur (LCA), qui est très important. En outre, les joueurs de Baseball, en particulier les garçons, ont tendance à avoir des problèmes de coude, tandis que les nageurs se blessent souvent à l’épaule.

Le fardeau mental

Le fait de ne pratiquer qu’un seul sport toute l’année peut également causer des problèmes mentaux chez les jeunes athlètes. Dans le même rapport, les spécialistes affirment que le stress et le burn-out sont des problèmes potentiels pour les athlètes ne pratiquant qu’un seul sport.

Les professionnels de la santé au sein des centres médicaux sportifs remarquent effectivement que les jeunes athlètes ont non seulement des problèmes dans leur vie sportive, mais aussi dans leurs études et dans leur vie sociale. Ils affirment que « le sport semble être un travail pour ces jeunes, et il peut y avoir des niveaux élevés de dépression et l’incapacité d’accomplir les tâches. »

Le cycle commence habituellement lorsque l’enfant veut faire du sport. Une fois qu’il commence, il devient alors crucial que les parents s’occupent du jeune athlète, et que les entraîneurs l’entraînent et le guident correctement. Comme les enfants, typiquement, ne veulent pas décevoir leurs parents, leurs entraîneurs et les autres joueurs, il appartient aux adultes de les encadrer et de veiller sur leur santé, leur bien-être et leur développement.

Les recommandations aux parents

Les spécialistes affirment que, chez les enfants, la tendance vers le sport unique a commencé il y a environ 15 ans avec l’avènement des équipes sportifs et des clubs de voyage. Il faut rappeler que les équipes sportifs ont vu le jour en raison des pressions exercées sur les jeunes enfants pour qu’ils deviennent hautement qualifiés dans un sport afin de réussir à l’école secondaire et d’obtenir ensuite une bourse pour leurs études universitaires.

Dans cette optique, les spécialistes médicaux sportifs ont formulé dans leur rapport, un certain nombre de recommandations à l’intention des parents.

  • Ils ont recommandé que la spécialisation sportive soit retardée jusqu’à ce que l’enfant ait au moins 15 ans. Les jeunes enfants devraient être encouragés à participer à plusieurs sports.
  • Les parents sont également encouragés à évaluer l’environnement de formation et d’entraînement des programmes sportifs « élites » pour les jeunes.
  • En outre, les jeunes athlètes devraient prendre trois mois de suspension par an (par tranches d’un mois) de leur sport principal. Ils devraient également prendre un à deux jours de congé par semaine pour réduire les risques de blessures répétitives.
  • Les spécialistes affirment par ailleurs qu’il est bénéfique pour les enfants de participer à plus d’un sport. Cela les aide mentalement, en plus de leur permettre d’exercer différents groupes de muscles et d’introduire des habiletés qui peuvent être utilisées dans toute activité sportive.

Selon Armelle Daam, la directrice du centre national pour le développement du sport, « il n’est pas nécessaire d’être spécialisé pour exceller ». Elle a ajouté : « il est important d’exposer un enfant à différents sports afin qu’il acquière diverses compétences, qu’il rencontre des enfants très divers pour la socialisation avec des enfants ayant d’autres intérêts, qu’il travaille avec différents groupes musculaires à des fins physiques et médicales importantes ». Selon son constat, les enfants qui ont une expérience positive en pratiquant un sport récoltent de nombreuses récompenses.

« Le sport chez les jeunes est le moyen par lequel les enfants apprennent d’importantes leçons de vie, des valeurs, de la compassion et une bonne éthique « , a déclaré Armelle Daam. « C’est cette relation entre les aptitudes sportives et les aptitudes à la vie quotidienne qui fournit à nos jeunes athlètes les éléments fondamentaux dont ils ont besoin pour réussir tant sur le terrain de jeu qu’en dehors. »